Etudiants africains en Action

En précisant que le projet AVOIR «s’intéresse à la migration circulaire et indique de nouveaux parcours participatifs », la Mairesse de Senigallia, Luana Angeloni, donne le las aux travaux du colloque. Durant bien trois sessions de travail, étudiants, chercheurs et représentants d’organismes publics et privés, vont débattre du retour volontaire des étudiants.
Sont palpables l’enthousiasme généré par l’idée et le sérieux avec lequel les jeunes étudiants africains abordent le retour volontaire et la migration circulaire. En effet, tout comme le dévoilent les résultats finaux de l’enquête réalisée dans le cadre du projet A.V.O.I.R et présentée pour l’occasion par Esoh Elamé, la plupart des étudiants africains sont favorables au retour volontaire dans le pays d’origine. Contre toute attente, ils voient en l’Afrique sub-saharienne un territoire propice à la pleine valorisation des compétences acquises en Europe.
C’est en tous cas ce que retracent les expériences des étudiants travailleurs Fomba Sekouba, Kamara Bachir, Fatimatou N'Diaye et Oumar Mdahoma. Présentant leurs projets de création d’entreprise à un public captivé, ils démontrent combien le pays d’origine peut devenir un véritable terrain d’opportunité en terme de développement professionnel et personnel.
Les interventions de Pia Foglia et Serge Noubondieu, Pierre Eyoung, Remy Chassem Guemne, Noumbissi André Basile, Alain Kartue confirment cette approche. Le succès des bourses de travail de la Fondation Basso ainsi que les avancées très prometteuses de la plate-forme didactique ENA e-learning et de la Banque éthique de la Diaspora soulignent combien les étudiants sub-sahariens sont disponibles à investir et s’investir dans leurs pays d’origine, désormais perçus comme territoires d’innovation.
La diaspora plus expérimentée partage pleinement les idées de ses cadets. D’ailleurs, la question du retour volontaire et de la migration circulaire se trouve au cœur même des dispositifs AfricaRecruit, GhanaCoop, MIDA respectivement présentés par Kiran Luchmun, Mc Carthy Thomas, Tana Anglana.
Pour clôturer ces présentations et débats autour des pratiques du retour volontaire et de la migration circulaire, des chercheurs, issus et non issus de l’immigration sub-saharienne, s’emploient à offrir un cadre d’analyse et de pensée plus large. Esoh Elamé, Renaud Frossard, Birahim Gueye et Andrea Stocchiero en appellent à une nouvelle approche des politiques de coopération et de développement. Pour sa part, Marisa Fois invite à se pencher sur la « migration virtuelle ».